Henri d’Orléans, duc d’Aumale (1822-1897), fut un grand collectionneur d’art mais un bibliophile plus remarquable encore. Le « Cabinet des livres » qui réunit ses trésors est considéré comme la plus riche bibliothèque privée jamais réunie. On y dénombre 200 manuscrits à peintures médiévaux de tout premier rang aux côtés des Très Riches Heures du duc de Berry : c’est à cet égard la collection française réputée la plus riche après celle de la Bibliothèque nationale de France.
 
Retrouvons les manuscrits en ligne jusqu’à la réouverture du Cabinet des livres !

Au programme : le portrait du bibliophile, l’actualité des Très riches heures et, pour petits et grands, un zoom sur l’exposition « Fables & bibliophilie »
 
Le portrait du bibliophile
 
Le duc d’Aumale hérita de 800 manuscrits venus des familles de Montmorency et Bourbon-Condé. Il compléta cet ensemble et y imprima sa marque personnelle en y ajoutant plus de 600 manuscrits et 17 000 imprimés rares.
 
Le duc d’Aumale devint « bibliomaniaque », selon sa propre expression, vers 1850, à la faveur de son exil en Angleterre. Sa bibliothèque fut le fruit d’une activité incessante de repérage et acquisitions, puis de travail car le prince rédigeait lui-même son catalogue. Il avait une prédilection pour la Renaissance et le patrimoine littéraire français. Les reliures sont l’une des originalités du fonds.
 
« Je sais que les livres rares sont chers ; je sais que les jolies reliures le sont aussi ; mais j'aime les uns et les autres, et surtout les deux choses réunies, et j'y veux mettre le prix qu'il faut » écrit le duc d'Aumale en 1850.
Livre insolite :
1er traité d'anatomie illustré
 
L'Anathomia designata per figuras (1345) est une oeuvre de Guido da Vigevano (1280-1350 ?), médecin de la reine de France Jeanne de Bourgogne, qui pratiqua la dissection et fut l'un des premiers à illustrer ses descriptions anatomiques par des dessins. (Manuscrit 334)
 
Je découvre le livre
Le joyau de la bibliothèque : lesTrès Riches Heures du duc de Berry
 
Le livre de prières le plus célèbre au monde a été commandé par Jean de Berry (1340-1416), frère du roi de France Charles V. Grand amateur d’art, le duc de Berry en confia le décor à trois jeunes frères originaires de Nimègue dont le duc de Bourgogne avait remarqué le talent. Les frères Limbourg se surpassèrent mais ils moururent en 1416 sans que l’ouvrage soit achevé.
 
Le duc d’Aumale perçut d’emblée l’importance du manuscrit. Les Limbourg ont innové dans la mise en page, la construction des images, la peinture des saisons, de la nuit, de la nudité... Pour la première fois, chaque mois du calendrier occupe deux pages et est illustré d'une grande miniature à caractère profane.
 
Une exposition consacrée aux livres d’heures du duc d’Aumale est en préparation.
Rendez-vous cet automne !

Le mois d’avril : une scène de fiançailles princières
non loin du château de Dourdan.
Très Riches Heures du duc de Berry, vers 1415. Manuscrit 65, folio 4v
Pour feuilleter le manuscrit en ligne
 
Entrez dans la Bibliothèque Virtuelle des Manuscrits Médiévaux de l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes (CNRS) !
 
 
Je feuillette
Les frères Limbourg et l’actualité sanitaire du temps
 
La procession de saint Grégoire
Très Riches Heures du duc de Berry, vers 1415
Manuscrit 65, folio 71v-72
 
 
Pour Umberto Eco, les Très Riches Heures sont un « documentaire cinématographique, une machine visuelle qui nous raconte la vie d’une époque ». Ouvrons le manuscrit aux feuillets des litanies où les frères Limbourg mettent en page une scène exceptionnelle !
 
La Grande litanie est la prière instituée par saint Grégoire pour obtenir la cessation de l’épidémie de peste qui sévissait à Rome quand il fut élu pape en 590. La Légende dorée raconte que, pendant la procession, on vit apparaître un ange au sommet de l’ancien mausolée d’Hadrien, appelé depuis Château-Saint-Ange : il figure au centre de la composition. Eux-mêmes témoins de deux épidémies de peste, celle de 1399 qui les oblige à fuir Paris, celle de 1416 dont ils sont victimes, les frères Limbourg utilisent la marge inférieure des deux feuillets pour dérouler le long cortège chaotique qui sort par la porte Flaminia et se dirige vers le Vatican. L’image fut achevée par d’autres artistes.
 
Pour en savoir plus sur les couleurs
 
Découvrez le 5ème MOOC de la RMN-Grand Palais, réalisé avec le soutien de la Fondation Orange : Couleurs, bleu, jaune, rouge dans l’art.
Les Très Riches Heures sont plusieurs fois évoquées.
 
 
Je participe au MOOC !
Fables & bibliophilie : trésors du duc d’Aumale
 
L'exposition de livres de fables est prolongée jusqu'à la fin de l'été. Un exceptionnel ensemble de fabliers manuscrits et imprimés permet de mesurer la qualité des choix bibliophiliques du duc d’Aumale et de redécouvrir les particularités d'un genre attachant, dont les origines se perdent dans l’Antiquité la plus lointaine.
 
Fables indiennes
 
L’exposition présente un magnifique exemplaire de Kalîla wa Dimna, compilation de fables indiennes répandue en Occident depuis le XIIIe siècle à travers une version latine elle-même issue d’une adaptation arabo-persane. Destiné à l'éducation morale des princes, le recueil inspirera La Fontaine. A la fin du XVe siècle, le comte Eberhard de Wurtemberg (1445-1496) en fait rédiger une nouvelle traduction en allemand. Il commande un cycle de 132 miniatures sur vélin à un peintre d’origine flamande.
 
Je feuillette en ligne
 
 
Le Singe et la Tortue

Un singe qui s'amusait au bord de l’océan devint l’ami d’une tortue mâle. Mais de retour chez elle, la tortue trouva sa femelle malade et ayant besoin, pour guérir, d'un cœur de singe. Ayant retrouvé le singe, la tortue l’emporta sur son dos sous un faux prétexte. Quand il comprit ce qu'il en était, le singe prétendit avoir laissé son cœur chez lui et devoir retourner le chercher pour le donner. Une fois déposé sur le rivage, il se réfugia sur un arbre…
 
Kalîla wa Dimna, traduit en allemand par Anton von Pforr (1483). Urach (Souabe), XVe siècle. Manuscrit 680, folio 224v
 
Le Roi des grenouilles et le Serpent

Dans un étang régnait non sans peine Gangadatta, roi des grenouilles. Pour se débarrasser de congénères en désaccord avec lui, le roi devint l’ami et l’hôte d’un serpent. Au fil du temps, le serpent finit par dévorer tous les proches de Gangadatta dont arriva bientôt le tour d’être mangé. Réalisant enfin son erreur, Gangadatta prétexta d’aller chercher d’autres grenouilles pour nourrir son « ami » affamé, et se sauva…
 
Kalîla wa Dimna, traduit en allemand par Anton von Pforr (1483). Urach (Souabe), XVe siècle. Manuscrit 680, folio 218
 
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 © Illustrations : Sophie Lloyd, RMN-Grand Palais (domaine de Chantilly) / Franck Raux / René-Gabriel Ojéda, Bruno Cohen, Ctanierephotographie, Gary Otte, 5 Mars, R&B Presse
 
 
 
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